samedi 19 avril 2014

Edouard Louis - En finir avec Eddy Bellegueule

Affreux, sales et méchants le titre du film d'Ettore Scola est un parfait résumé de la vie familiale de Eddy Bellegueule. Mais s'il y avait un coté farce , exagération, dans le film du cinéaste italien, nous sommes ici dans une description réaliste d'une famille plongée dans la misère la plus sombre. Nous sommes dans la lignée de l’œuvre de Annie Ernaux, mais ici tout est plus sombre, plus terrible, il n'y a aucune joie.
Misère économique, nous sommes dans une région sinistrée, les usines ferment, le boulot se fait rare. Chômage, Rmi...La misère se propage sans éveiller aucune conscience politique, enfermés dans un village, les pauvres vivent dans une grande solitude sociale où la seule main tendue est celle des restaurants du cœur où l'on se rend honteusement...
Misère affective, on se cause à coup de beignes, on fait l'amour sans tendresse, sans pudeur. Les filles tombent enceinte à seize ans.. L'alcoolisme est le mal endémique
Misère intellectuelle, l'école est souvent buissonnière, dés que possible il est de tradition de quitter le monde de l'éducation. La télévision dans sa version la plus stupide est la seule compagne.

Cela pourrait être une caricature du Nord dans sa version la plus sombre, ce n'est que le quotidien de Eddy Bellegueule un gamin pas comme les autres...  Un physique efféminé, une voix haut perchée, le gamin fait tache... Il n'aime pas ni le foot, ni les rapports virils, il devient souffre douleur dés son entrée au collège,  il se fait cracher dessus, crachats qu'il est condamné à avaler par la suite...
C'est un voyage au bout de l'enfer, sa chance : l'école de la République, la rencontre avec un professeur, des cours de théâtre qui lui donnent la possibilité de rejoindre le lycée de la grande ville Amiens, le début de la voie royale qui doit mener le gamin vers l’École Normale Supérieure de la rue d'Ulm.

C'est le livre d'un survivant, d'un miraculé, un jeune homme de 21 ans au regard d'une grande maturité. C'est un livre rare, qui travaille le lecteur au corps, il fait mal au ventre, il rend les mains fébriles mais impossible de décrocher... c'est une claque !

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